Baekcheon est un court-métrage de fiction sud-coréen réalisé par Dong-young Shin en 2017 dans le cadre de son cursus à l’école Sungkyunkwan University. Il dure 28 minutes et raconte l’histoire de Baekcheon, un homme seul, un peu pauvre mais honnête, qui fait un burn-out complet.
Effectivement, dans ce film nous assistons à un véritable pétage de plombs sanglant et abominable. Le protagoniste se transforme en un psychopathe tueur en série alors qu’il apparaît d’abord uniquement triste et esseulé. L’absence de musique rajoute à l’anxiété qui augmente tout au long du court, créant ainsi une ambiance lourde.
La scène qui nous met en alerte quant à l’évolution de la situation est sans aucun doute celle où il s’amuse à planter un couteau dans une pastèque. On remarque à son expression, et au gros plan permettant de la voir, qu’il vient de découvrir quelque chose qui lui plaît, qui le passionne, voire même, étrangement, qui lui donne une raison de vivre. On remarque une gradation évidente dans la folie de Baekcheon : Dès qu’il a terminé de planter son fruit, il écrase un insecte, s’en prenant alors à un être vivant. Il s’attaque à des « proies » de plus en plus importantes, et surtout avec de plus en plus de « raisons », ou plutôt d’explications à ces meurtres : ceux qu’il tue l’ignorent, voire même le méprisent. Pourtant, lors du meurtre final, il n’a pas l’air aussi amusé que lorsqu’il plantait le couteau dans la pastèque ; il est froid, inexpressif, comme un véritable psychopathe. Mais il aimerait que cela soit un rêve, la preuve en est lorsqu’il revoit le chien qu’il a tué en transparence : il aimerait avoir rêvé tout cela. Mais qu’en est-il réellement ? Le protagoniste nous retourne la question lorsqu’il brise le quatrième mur en jetant un regard caméra.
Nous avons beaucoup aimé ce film, pour la pureté dans le travail de la lumière ainsi que pour l’authenticité du jeu d’acteur du personnage principal qui donne une justesse effrayante à cet esprit meurtri.

Léa W. et Sasha