Le Cerf-volant est un court métrage d’animation de 13 minutes réalisé par Martin Smatana en 2019 en République Tchèque.

Une particularité du film est qu’il ne contient aucune parole, les émotions et les échanges sont donc suggérées par des actions et des expressions faciales ( sans oublier le symbolisme). L’esthétique est également primordiale : l’animation est en stop-motion, les décors sont extrêmement beaux, avec un univers visuel particulier et agréable à l’œil. Les couleurs douces nous ramènent à une thématique simple et naïve de l’enfance, s’accordant avec le point de vue du film, par l’intermédiaire du petit garçon. De cette même façon, la forme et le fond ne cessent d’être en adéquation. La forme prend le rôle d’une métaphore du fond, notamment dans le choix du design des personnages. L’idée d’un être composé de plusieurs couches est un bon moyen de symboliser un concept abstrait assez complexe. On voit à travers le film les quatre saisons de façon à exprimer le temps qui passe. Elles sont représentées de manière très visuelle, simple, que même un enfant comprendrait, une approche presque plus ludique au concept de temps et de vieillissement, qui est abstrait pour un enfant si jeune. Il a un lien très fort avec son grand-père, représenté par le cerf-volant que lui a offert ce dernier. Au long du film la santé du grand-père se détériore, son état étant annoncé par les couches qui le composent s’envolant les unes après les autres. La mort arrive lorsque la dernière couche s’envole. Ils sont réunis une dernière fois, par le biais de ce lien, le cerf-volant, les unissant à nouveau dans le ciel, parmi les nuages. Ce sont les objets et les souvenirs, témoins du lien avec une personne, qui nous unissent avec elle, même dans la mort. C’est ici le rôle du cerf-volant. L’enfant redescend cependant, comme on se réveille doucement d’un rêve, rappel au ton onirique du film. Le cerf volant est un film touchant avec une dimension poétique, parlant aux publics de tout âge. Il traite avec justesse, émotion et respect du sujet sensible de la mort, sans même prononcer le moindre mot.

Audrey et Madeleine