Ingmar Bergman, le maître
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Impossible de parler du cinéma suédois sans évoquer le maître en la matière qui n’est autre qu’Ingmar Bergman. Bergman, mondialement reconnu comme grand cinéaste, a forgé une œuvre immense et très influente au niveau du cinéma international, grâce à un langage cinématographique très personnel, qui a mis en valeur l’intimité. L’ensemble de sa filmographie, nourrie par le silence et le théâtre, nous présente, en réalité, l’œuvre d’une vie. Chaque œuvre de Bergman exprime une part de son existence. On retrouve la crise de foi avec Le Septième Sceau, la paternité oppressive avec Fanny et Alexandre, voire même la difficulté à aimer avec Scènes de la vie conjugale. Ernst Ingmar Bergman, né le 14 juillet 1918 à Uppsala, en Suède, est le fils cadet d’une famille de trois enfants. Il vit une enfance tourmentée par une relation basée sur les chantages affectifs entre sa mère et son frère, ainsi que sur une rigidité radicale venant de son père qui était, lui, pasteur Luthérien. Le jeune Bergman ainsi que ses frères vivent dans une peur permanente du péché et des punitions corporelles qui étaient alors très courantes et ritualisées.
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Malgré l’ambiance glaciale qui règne dans la maison familiale, Bergman arrive à trouver des moments de refuge lorsqu’il se trouve en compagnie de sa grand-mère qui lui fait découvrir le Septième Art. Il va souvent au cinéma local pour voir des films qui nourrissent sa passion précoce. Lors d’un Noël, Bergman reçoit un cinématographe qui deviendra plus tard pour lui une véritable « madeleine de Proust ». Ce cinématographe lui a permis de passer du stade de simple spectateur au stade de réalisateur.
Bien que tout le monde soit conscient de son admiration évidente envers le cinéma, Bergman est tout autant passionné par le théâtre. Il se rend maintes fois, dès son plus jeune âge, dans les salles de théâtres, et, de temps en temps, dans les coulisses, grâce à un ami musicien qui joue derrière la scène à l’occasion de représentations du Songe d’August Strindberg, un de ses auteurs préférés qu’il mettra lui-même en scène à plusieurs reprises. C’est dans le monde du théâtre que Bergman débute en effet sa vie professionnelle durant les années 30. Il obtient alors des postes comme assistant metteur en scène, directeur de théâtre et auteur ; ses futurs films seront, dans un premier temps, écrits sous forme de pièces. Bergman s’intéresse énormément à la littérature et à la philosophie par le biais d’auteurs tels que Balzac, Nietzsche, Dostoïevsky ou Flaubert.
Dans les années 40, il entre officiellement dans le monde du cinéma au près de la Svensk Filmindustri et sous les conseils du cinéaste Victor Sjöström. En 1946, Bergman réalise son premier film intitulé Crise, qui est un échec commercial et critique. Les critiques commencent à s’estomper à partir du festival de Cannes de l’année 1956 où il présente Sourires d’une nuit d’été, ce qui assied sa réputation au-delà des frontières suédoises. L’année suivante, Bergman fait sensation avec son film Le Septième Sceau mettant en scène un templier, qui, face à la mort, se plonge dans une infinité de questions existentielles. S’appuyant sur l’immense succès du film, Bergman réalisera plusieurs chefs-d’œuvre durant toute sa vie, jusqu’à sa mort en 2007.
Aujourd’hui, Bergman apparaît comme le grand maître du cinéma suédois, son œuvre, riche d’une quarantaine de films, a été couronnée d’un ours d’or au festival de Berlin, de trois Oscars du meilleur film étranger et d’une palme d’honneur à Cannes. Le festival Regards d’ailleurs présente deux de ses films clés : Sonate d’automne (le 21 mars) et Persona (le 29 mars).
Tiago Sanchez, élève de 2nde Cinéma-audiovisuel

